Communiqué unitaire interprofessionel : Déconfinement le 11 mai : les employeurs ont des obligations en matière de santé et de sécurité au travail

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A  la veille des annonces du Premier Ministre concernant le  «déconfinement progressif»,  les organisations syndicales et de jeunesse exigent que priorité absolue soit donnée à la santé et aux moyens pour vivre des travailleur-ses et de l’ensemble de la population. La pandémie est loin d’être sous contrôle et la communauté médicale et scientifique craint une “deuxième vague”. Dans  les  conditions  actuelles  de  l’épidémie,  faire  primer  l’économie  sur  la  santé  est inacceptable.

Les organisations rappellent que les employeurs ont des obligations en matière de santé et de sécurité au travail. Elles doivent plus que jamais être totalement respectées tout comme le rôle de contrôle plein et entier que doit pouvoir jouer l’inspection du travail.

Or, d’une part, de trop nombreu-ses  salarié-es  ne  sont  pas  encore  équipé-es  du  matériel  de protection nécessaire dans les entreprises et les services où l’activité s’est maintenue. Nous exigeons que cette condition soit réunie au plus vite, sans quoi l’activité ne peut continuer. D’autre part, le 1erministre doit être ferme et explicite: le travail ne peut pas reprendre si les conditions les plus strictes ne sont pas réunies dès le 11 mai.

Le Premier Ministre doit annoncer un cadre clair pour que les salarié-es ne soient pas confronté-es à des demandes et des injonctions contradictoires de la part des employeurs.

Cela implique la nécessité de consulter au plus vite les instances représentatives des personnels, seules  à  même  de  déterminer  des  conditions  satisfaisantes  de  la  reprise.  Or,  avec  des  délais raccourcis  de  consultation  des  CSE  et  des  CHSCT  non  réunis  à  tous  les  niveaux  et  dont  la disparition reste programmée dans  la Fonction publique, nos organisations constatent que les représentant-es  du  personnel  sont  encore  trop  souvent  écarté-es  des  décisions  majeures concernant l’organisation du travail.

Le  gouvernement  a  confirmé,  en  dépit  des  préconisations  de  son  comité  scientifique,  la réouverture progressive des crèches et des écoles puis des collèges dès le 11 mai, renvoyant la décision pour les lycées à fin mai.

La  reprise  scolaire  envisagée  par  le  gouvernement  repose  sur  un  éventuel  volontariat  des familles ce qui contrevient aux objectifs du système scolaire. De plus, beaucoup d’entre elles, du fait de l’annulation des mesures de chômage partiel ou des régimes d’autorisation d’absence dans la Fonction publique, subiront des pressions économiques les contraignant à envoyer leurs enfants à l’École ce qui annule de fait tout volontariat !

Cela menace du coup plus particulièrement les femmes qui sont encore largement majoritaires à s’occuper des enfants, et dont le travail est moins rémunéré.

 

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